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Stratégie9 min de lecture

Média de marque : votre entreprise en est déjà un, mais elle l’ignore

Toute entreprise qui publie fait déjà du brand content. Un média de marque, c’est celle qui l’assume : une promesse, des rendez-vous, une identité et une rédaction.

Par la rédaction de FolksToulouse
Média de marque : votre entreprise en est déjà un, mais elle l’ignore
Photo : Pexels

Une page LinkedIn qui annonce le prochain salon. Un blog alimenté pour plaire à Google. Une newsletter qui pousse la promotion du mois. Un film institutionnel tourné il y a des années, qui passe encore en boucle sur l’écran de l’accueil. Pris un par un, ce sont des supports. Mis bout à bout, c’est un média de marque qui s’ignore : sans rédaction, sans ligne et sans lecteurs fidèles, mais un média quand même.

Un média de marque est un dispositif éditorial tenu par une entreprise, avec une promesse, des formats récurrents et une identité propre, pour installer une relation durable avec un public plutôt que d’acheter son attention le temps d’une campagne. C’est le point de départ que la plupart des définitions oublient. On présente le média de marque comme un projet à lancer, une option de plus dans le plan de communication. C’est l’inverse : toute entreprise qui publie est déjà un média. La seule question est de savoir si elle l’assume, et ce qu’elle en fait.

Brand content ou média de marque : un blog n’est pas un média

Le mot « brand content » entretient la confusion. Il désigne l’ensemble des contenus qu’une marque produit pour autre chose que vendre directement : un article, une vidéo, un podcast, une série de photos. Le terme décrit une matière. Le média de marque, lui, décrit une organisation : la manière dont cette matière est choisie, rythmée, habillée et signée. On peut faire du brand content pendant dix ans sans jamais avoir de média, comme on peut écrire des lettres toute sa vie sans jamais tenir de journal.

Commençons donc par ce que ce n’est pas, puisque c’est là que se loge la confusion. Un compte qui poste au fil de l’eau n’est pas un média de marque. Une newsletter promotionnelle non plus. Un blog écrit pour le référencement, sans visage ni signature, encore moins. Ces outils ont leur utilité. Mais réduire le média à ses tuyaux, c’est confondre la canalisation et ce qui coule dedans.

Un média de marque se reconnaît à trois choses. Une promesse éditoriale, d’abord : une phrase qui dit à qui l’on parle, de quoi, et pourquoi on est légitime pour en parler. Des formats qui reviennent, ensuite : des rendez-vous nommés, reconnaissables, que le public apprend à attendre. Une identité visuelle propre, enfin : un générique, des titrages, une palette, parfois une signature sonore, qui permettent de repérer le média avant même d’avoir lu la légende.

Le test le plus simple tient en une question. Si vous arrêtiez de publier demain, quelqu’un le remarquerait-il ? Un média crée un manque quand il s’interrompt, parce qu’il apporte quelque chose de régulier : une information, un regard, une utilité. Une page qui publie pour publier ne manque à personne. Elle occupe l’espace, comme une radio allumée dans une pièce vide.

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Une campagne se loue, un média s’installe

La comparaison avec la publicité aide à comprendre ce qui se joue. Une campagne achète de l’attention pour une durée donnée. Quand le budget s’arrête, l’attention s’arrête avec lui. Il ne reste rien, ou presque : quelques visuels dans un dossier partagé, un rapport de diffusion, le souvenir vague d’une affiche.

Un média fonctionne à l’inverse. Il accumule. Chaque épisode nourrit le suivant, l’audience prend ses habitudes, la marque devient peu à peu une référence de son sujet. Au bout de quelques mois, les épisodes passés continuent de travailler : on les retrouve en recherche, les commerciaux les envoient à leurs prospects, les recruteurs les citent en entretien. La publicité loue l’attention. Le média la construit, et chaque nouveau contact coûte un peu moins cher à mesure que le stock grandit.

La recherche sur l’efficacité publicitaire dit la même chose avec d’autres mots. En 2013, Les Binet et Peter Field ont passé au crible près de mille campagnes de la base de données de l’IPA, l’association britannique des agences de publicité. Leur rapport, The Long and the Short of It (IPA, 2013), distingue deux effets : l’activation, qui produit des ventes rapides puis s’éteint, et la construction de marque, plus lente, qui continue de produire bien après la diffusion. Le partage qu’ils en tirent, environ 60 % pour la marque et 40 % pour l’activation, est une moyenne et non une loi. La leçon, elle, tient : ce qui s’installe rapporte plus longtemps que ce qui se loue.

Le B2B ajoute un argument. En 2021, Peter Weinberg et Jon Lombardo, chercheurs au B2B Institute de LinkedIn, ont popularisé la règle dite des 95-5, tirée des travaux de John Dawes, de l’Ehrenberg-Bass Institute : à un instant donné, environ 5 % des acheteurs d’une catégorie sont prêts à acheter, les autres ne le seront que dans des mois ou des années (Marketing Week, 2021). Une campagne parle aux 5 %. Un média parle aux 95 %, et il est encore là le jour où ils reviennent sur le marché, avec un nom qu’ils connaissent déjà.

Le cas de Dorlet le montre mieux qu’un long discours. Cette maison centenaire est le leader français de l’accessoire métal pour la haute couture et le prêt-à-porter : des fermoirs, des boutons, ces détails que personne ne remarque et que tout le monde porte. Depuis 2024, son média LinkedIn ouvre les ateliers, donne la parole aux experts, montre les gestes. Résultat : 500 % de visibilité en plus, 2 000 % d’interactions en plus sur les contenus, et la première place de son secteur pour les interactions. Aucune campagne n’aurait produit cela. Il a fallu des mois de rendez-vous tenus.

On objectera que Dorlet avait de la matière. Toutes les entreprises en ont. Un bureau d’études, une plateforme logistique, un service client qui règle chaque jour des problèmes que personne n’imagine : la matière est là, elle attend seulement qu’on la regarde comme un sujet et non comme un décor.

Accélérateur · Le cas Dorlet Comment une maison centenaire de l’accessoire métal est devenue la référence de son secteur sur LinkedIn, chiffres à l’appui. Lire l’étude de cas →

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Le rédacteur en chef qui manque à l’organigramme

Si toute entreprise est déjà un média, il faut se demander qui le dirige. Dans la plupart des organisations, la réponse est gênante : personne. Le service communication publie ce que les autres services lui envoient. La direction valide. Le juridique relit. Le commercial demande qu’on ajoute le lien vers l’offre. À la fin, le texte a été approuvé par six personnes et n’est plus signé par aucune.

Une rédaction fonctionne autrement. Elle choisit ses sujets, elle refuse ceux qui ne servent pas sa ligne, elle décide qui prend la parole. C’est exactement ce qui manque aux pages d’entreprise : quelqu’un qui tranche. Pas pour censurer, mais pour hiérarchiser. Entre le communiqué sur la nomination d’un directeur régional et le reportage dans l’atelier où l’on ajuste une pièce au dixième de millimètre, il faut quelqu’un pour dire lequel mérite l’antenne.

Ce rédacteur en chef a une seconde responsabilité, moins visible : donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais. Les techniciens, les opérateurs, les ingénieurs d’essai. Ceux qui savent et qu’on ne filme pas, parce que personne n’a pensé à leur tendre le micro. Chez Ascendance, pionnier français de la propulsion hybride-électrique, le média suit la naissance d’ATEA, son premier avion hybride-électrique, au plus près des équipes : l’assemblage, les essais au sol, la sortie de l’avion, puis le premier vol. Le sujet est technique. La matière, elle, est humaine. C’est ce qui la rend regardable.

Il y a là un choix politique, au sens modeste du terme. Une parole validée par six services rassure la direction et n’intéresse personne. Une parole libre, celle d’un chef d’atelier qui explique pourquoi une pièce a été refusée, inquiète un peu plus en interne et porte beaucoup plus loin à l’extérieur. Entre les deux, le rédacteur en chef arbitre. Ce n’est pas un poste de communicant. C’est un poste de responsabilité : celui qui décide de ce que l’entreprise accepte de dire en public, et de qui elle accepte de mettre en lumière.

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Ce que ça change pour une PME : moins de posts, plus de rendez-vous

La première objection d’une PME est toujours la même : nous ne sommes pas un grand groupe, nous n’avons ni rédaction ni budget de chaîne de télévision. C’est vrai. C’est aussi une bonne nouvelle. Un média de marque ne se juge pas au volume. Il se juge à la constance.

Concrètement, un média de PME tient sur peu de choses. Une ligne éditoriale écrite et partagée. Quatre formats récurrents, conçus et nommés pour la marque, identifiables en trois secondes. Une identité qui les habille. Un plan de diffusion qui dit quel contenu va sur quel canal, pour quelle cible, à quel rythme. Chez Folks, ce socle est en ligne en six semaines, avec une première saison de douze vidéos tournées sur le terrain : interviews, coulisses, démonstrations, portraits.

Le temps demandé aux équipes est plus faible qu’on ne l’imagine : un atelier de lancement, des journées de tournage, des validations, soit environ deux demi-journées sur la saison. Et ce qui est produit sert bien au-delà de la page LinkedIn. Les commerciaux y trouvent des preuves à envoyer, les RH une vitrine pour recruter, les dirigeants une tribune pour porter leur vision. Mieux : interviewer un client ou un partenaire devient une manière de l’inviter plutôt que de le démarcher. Le tournage ouvre des portes que l’e-mail de prospection laisse fermées.

Les acheteurs professionnels le confirment à leur manière. Dans l’enquête que mènent chaque année Edelman et LinkedIn auprès de près de 3 500 décideurs (2024), près des trois quarts jugent les contenus d’expertise plus fiables que les supports marketing pour évaluer les compétences d’une entreprise. Neuf sur dix se disent plus ouverts à une prise de contact commerciale venant d’une organisation qui publie régulièrement des contenus de qualité. Le mot qui compte, dans cette phrase, n’est pas « qualité ». C’est « régulièrement ».

Le média de GEMME, consacré à l’écomobilité dans la métropole toulousaine, en donne la mesure. Il n’a pas misé sur un coup d’éclat, mais sur une grille : portraits, lexiques, récapitulatifs, témoignages, actualités. Plus de 120 contenus ont été programmés en un an, calés sur les temps forts du territoire. Le public sait ce qui revient, et quand. C’est cette prévisibilité, plus que n’importe quelle vidéo isolée, qui fait d’une page un média.

Mais, et c’est un grand mais, rien de tout cela ne fonctionne sans régularité. Une PME qui publie quatre épisodes en janvier puis plus rien jusqu’en juin n’a pas un média. Elle a eu un sursaut.

Accélérateur · Le média en 6 semaines Ligne éditoriale, quatre formats, identité, plan de diffusion et douze vidéos : le détail de l’offre, étape par étape. Découvrir l’offre →

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Par où commencer : une phrase avant une caméra

La tentation est de commencer par le matériel. Une caméra, un micro, un compte de plus sur un réseau de plus. C’est mettre la caméra avant les bœufs.

On commence par un diagnostic, et il tient en trois questions. À qui parle-t-on en priorité ? De quoi la marque est-elle légitime pour parler, c’est-à-dire de quoi sait-elle quelque chose que les autres ignorent ? Sur quels canaux ce public passe-t-il réellement son temps ? Le reste découle de ces trois réponses.

Le diagnostic aboutit à une promesse éditoriale en une phrase, à quelques formats et à un calendrier de lancement. Ce document devient la boussole de chaque décision de contenu, pour l’agence comme pour les équipes. Quand un service propose un sujet, on le confronte à la promesse. S’il ne la sert pas, il attendra. C’est frustrant au début. C’est ce qui, au bout de quelques mois, rend la marque reconnaissable.

Au fond, la question n’est pas de savoir si votre entreprise doit devenir un média. Elle en est un depuis son premier post. La question est de savoir qui, chez vous, accepte d’en tenir la rédaction, et ce que vous laissez raconter à votre place tant que la chaise reste vide.

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Le Média FolksVotre média de marque, en ligne en 6 semaines.Ligne éditoriale, formats, identité et premiers épisodes. On commence par un diagnostic offert de 20 minutes.Réserver mon diagnostic →
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un média de marque ?

Un dispositif éditorial tenu par une entreprise : une promesse claire, des formats qui reviennent et une identité propre, pour installer une relation durable avec son public.

Quelle différence entre brand content et média de marque ?

Le brand content désigne les contenus produits par une marque. Le média de marque est l’organisation qui les choisit, les rythme et les signe, avec une ligne éditoriale et des rendez-vous réguliers.

Un média de marque est-il utile pour une PME ?

Oui, s’il est régulier. Il se juge à la constance plus qu’au volume : quatre formats récurrents bien tenus suffisent à installer une marque dans son secteur.

Combien de temps pour lancer un média de marque ?

Chez Folks, moins de 6 semaines entre la fixation des objectifs et la première publication, avec une première saison de 12 vidéos.

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