Le Point Média #12 : l’algorithme LinkedIn filtre l’IA, pas le vide
L’algorithme LinkedIn apprend à écarter les contenus produits à la chaîne par l’IA. Les marques s’inquiètent du réglage. Leur vrai sujet est ailleurs : ce qu’elles ont à dire.

Le rituel est désormais connu. LinkedIn annonce qu’il revoit la façon dont il trie les publications, et en quelques heures les fils se remplissent de posts qui expliquent comment déjouer l’algorithme LinkedIn. Même décor, même ton alarmé, même carrousel de conseils. Seule la date a changé.
L’algorithme de LinkedIn est l’ensemble des systèmes qui décident quelles publications apparaissent dans le fil de chaque membre, et dans quel ordre. Cette fois, il s’attaque à ce que l’anglais appelle l’« AI slop » : des contenus produits en série par l’IA, génériques, sans auteur véritable. Le 8 octobre 2026, Social Media Today (2026) rapportait les explications de Tim Jurka, vice-président de l’ingénierie de LinkedIn. Des modèles entraînés sur les signalements des membres repèrent ces textes, des cas litigieux passent devant des humains, et la détection couvre désormais toutes les publications diffusées au-delà du réseau direct de leur auteur. LinkedIn revendique une précision de 94 %.
L’algorithme LinkedIn a bon dos
Non, le problème de la plupart des marques n’est pas l’algorithme. Leur problème, c’est qu’elles n’ont pas grand-chose à dire, et qu’un réglage technique fait un excellent alibi.
L’annonce d’octobre le montre mieux que toutes les autres. LinkedIn peut repérer un texte écrit à la chaîne. Il ne peut pas repérer un texte humain qui ne dit rien. Le communiqué tiède, la célébration d’usage, le « fiers d’annoncer » passeront tous les filtres. Ils ne retiendront pas davantage le lecteur.
Une page d’entreprise sur un réseau social ressemble à un appartement meublé. Le propriétaire déplace les meubles quand il veut, change les serrures sans prévenir, réécrit le règlement un mardi matin. Le locataire peut passer ses soirées à relire le bail. Il peut aussi se demander pourquoi ses invités viennent, et ce qu’ils viennent chercher.
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Ce qui résiste à tous les réglages : un métier et des visages
Dorlet, maison centenaire de l’accessoire métal pour la haute couture et le prêt-à-porter, a ouvert son média LinkedIn en 2024. Pas de recette d’algorithme : des collections qui se dévoilent, des experts qui racontent leur métier, des ateliers qui laissent voir leurs gestes. Les collaborateurs prennent aussi la parole sous leur propre nom. Depuis, les interactions sur les contenus ont progressé de plus de 2 000 %.
Accélérateur · Le cas Dorlet Comment une maison centenaire est devenue la référence de son secteur sur LinkedIn, en faisant de son savoir-faire une ligne éditoriale. Lire le cas →
Même logique chez CFDT Finances, dont les dirigeants ont été formés à relayer leur campagne avec leur propre voix. Une plateforme peut changer ses règles. Elle ne change pas ce qui donne envie d’écouter quelqu’un.
La prochaine fois que LinkedIn révisera sa copie, posez une seule question à votre équipe : si la plateforme fermait demain, qu’est-ce que nos lecteurs regretteraient de ne plus lire ?
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Comment l’algorithme LinkedIn traite-t-il les contenus générés par l’IA ?
LinkedIn indique détecter les contenus IA de faible qualité grâce à des modèles entraînés sur les signalements de ses membres, avec des cas litigieux revus par des humains. Depuis octobre 2026, cette détection couvre toutes les publications diffusées au-delà du réseau direct de leur auteur.
Comment s’adapter aux changements d’algorithme de LinkedIn ?
En misant sur ce qui ne change pas d’une version à l’autre : des contenus qui apprennent quelque chose au lecteur et des personnes qu’il reconnaît. Les réglages évoluent, l’intérêt d’un lecteur pour un propos clair reste.
Vaut-il mieux publier depuis la page entreprise ou les profils des salariés ?
Les deux se complètent. Une page porte la ligne éditoriale de la marque ; les collaborateurs qui prennent la parole sous leur nom lui donnent des visages, comme chez Dorlet ou CFDT Finances.






