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Formats & vidéo4 min de lecture

Sous-titres : sur les réseaux, une vidéo se lit avant de s’écouter

Dans le fil d’un réseau social, une vidéo démarre souvent sans le son. Le sous-titre n’est donc pas une option ajoutée au montage : c’est le premier scénario.

Par la rédaction de FolksToulouse
Sous-titres : sur les réseaux, une vidéo se lit avant de s’écouter
Photo : Pexels

Dans le tram, un voisin fait défiler son fil. Une interview de dirigeant, une visite d’usine, le témoignage d’une cliente : trois vidéos, trois bouches qui bougent sans un bruit. Il ne s’arrête sur aucune. Ce n’est pas que les sujets étaient mauvais. C’est qu’aucun ne s’était donné la peine d’être lu.

Le son, sur les réseaux sociaux, est une décision du spectateur. Elle vient après, quand elle vient. Avant, il y a l’image et le texte à l’écran. Le sous-titre n’est donc pas la dernière ligne du devis de montage. C’est la première chose que votre public reçoit de vous.

Dans le fil, la vidéo commence muette

Sur LinkedIn comme sur Facebook, une vidéo se lance seule dans le fil, sans le son. Le spectateur doit choisir de l’activer. Pour qu’il le fasse, il faut qu’il ait déjà compris de quoi on parle, et pourquoi ça le concerne.

Une interview sans sous-titres demande l’inverse : écoutez d’abord, vous comprendrez ensuite. Dans un fil qui défile, personne ne fait ce crédit. Une vidéo qui commence par « Bonjour, je suis directeur des opérations depuis douze ans » a perdu avant la fin de la phrase, même si la suite est passionnante.

Le sous-titre change l’ordre des choses. La première phrase se lit en une seconde, et c’est elle qui retient le pouce. Le son vient en renfort, pas en condition.

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Le sous-titre est un texte, pas une transcription

Les outils de transcription automatique ont fait d’énormes progrès. Ils écrivent tout : les « euh », les reprises, les phrases qui s’arrêtent en route, les blocs de trois lignes qui restent à l’écran pendant que l’orateur est déjà passé à autre chose. Qui trop transcrit mal étreint.

L’oral et l’écrit n’ont pas le même rythme. On parle plus vite qu’on ne lit, et on se répète, ce qui à l’oral rassure et à l’écrit fatigue. Un bon sous-titre fait donc un travail d’édition discret : il retire les hésitations, coupe les phrases en morceaux qui tiennent en deux lignes, garde une idée par écran. Il ne réécrit pas ce que la personne a dit. Il le rend lisible.

La limite est nette : on raccourcit, on ne déforme pas. Un technicien qui a dit « on a mis trois ans à fiabiliser la ligne » ne doit pas lire à l’écran « une innovation de rupture ». Le spectateur entend la voix quand il active le son. Si le texte ne correspond plus, c’est la confiance qui saute, pas seulement le sous-titre.

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Une vidéo regardée jusqu’au bout est une vidéo comprise dès la première seconde. Pour la campagne Rodez–Lille de l’aéroport Rodez-Aveyron, 97 % des vues sont allées au bout des vidéos. Images brutes, humour, esthétique caméscope : rien de tout cela ne tient si la première phrase ne passe pas.

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Le texte animé est déjà du motion design

On réserve volontiers le mot « motion design » aux animations 3D et aux génériques. Mais la manière dont un mot apparaît à l’écran en relève aussi. Mot à mot ou par phrase. Le chiffre clé dans la couleur de la marque. Le texte placé à mi-hauteur, là où l’interface de l’application ne le recouvre pas. C’est le motion design le plus modeste, et de loin le plus regardé.

C’est aussi de l’identité. Une typographie, une couleur d’accent, une façon d’entrer à l’écran : au bout de trois vidéos, le spectateur reconnaît la marque avant d’avoir lu son nom. Le sous-titre fait partie de la charte, au même titre que le logo, à condition que quelqu’un l’ait dessiné une fois pour toutes au lieu de laisser chaque monteur choisir la police du jour.

Pour Printoclock, les visuels animés et les formats pédagogiques courts suivent cette logique : le texte n’accompagne pas l’image, il fait partie de l’image. Pour GEMME, le média de l’écomobilité à Toulouse, des formats comme les lexiques ou les récapitulatifs tiennent d’abord par le texte à l’écran.

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Ne pas réduire le sous-titre à l’accessibilité, ni l’en priver

Le réflexe est de ranger le sous-titre dans la case accessibilité, celle qu’on coche à la fin. C’est doublement faux. Faux parce qu’il sert tout le monde : la personne dans le tram, celle qui regarde au bureau, celle dont le français n’est pas la langue maternelle, celle qui comprend mieux en lisant qu’en écoutant. Faux aussi parce que, pour les personnes sourdes ou malentendantes, il n’est pas un confort mais la seule porte d’entrée.

Pour une collectivité ou un établissement public, la question est même tranchée : le référentiel général d’amélioration de l’accessibilité (RGAA, thématique « Multimédia ») prévoit des sous-titres synchronisés pour les vidéos qui en ont besoin. Une institution qui publie des vidéos muettes de sens ne communique pas avec une partie de ses habitants.

Pour France Alzheimer, le média social pensé pour les aidants s’appuie sur des carrousels explicatifs et des animations qui rendent l’information plus claire, slide après slide. Sur un sujet aussi sensible, lire à son rythme n’est pas un détail.

Faites l’essai : coupez le son de votre dernière vidéo. Si elle ne dit plus rien, la question n’est pas de savoir qui a oublié les sous-titres. Elle est de savoir ce que vous vouliez vraiment dire.

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Studio Folks · Film & photoUn film, une série, un tournage ?Écriture, réalisation, montage et sound design, au studio à Toulouse.Découvrir Film & photo →
Questions fréquentes
Faut-il sous-titrer les vidéos sur LinkedIn ?

Oui. Dans le fil, la vidéo démarre sans le son : sans sous-titres, ses premières secondes ne disent rien à la plupart de ceux qui la croisent.

Les sous-titres automatiques suffisent-ils ?

Ils donnent une bonne base, mais il faut les relire, retirer les hésitations et découper le texte en lignes courtes. Une erreur sur un nom propre ou un chiffre coûte plus cher que la relecture.

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