Tendances com 2026 : ce n’est pas le style qui change, c’est l’agence
Au Club de la Com, à Auch, Romain Galinier a écarté les tendances graphiques pour parler d’autre chose : la fin de l’agence qui fait tout, et du client qui paie du temps.

Le grain texturé. La typographie XXL. Le dessin à la main, revendiqué « anti-IA ». Les tendances graphiques de 2026, les communicants réunis à Auch les avaient toutes vues passer, dans leurs fils, leurs veilles, leurs présentations de fin d’année. Romain Galinier, cofondateur de Folks, les a balayées en une phrase : « Comme en musique, tout ça existe déjà. »
La matinale du Club de la Com, « Attirer, raconter, rayonner : les leviers de la communication 2026 », réunissait 25 professionnels du Gers et d’alentour : chargés de communication de mairies, d’offices de tourisme, d’entreprises et d’associations. Le public idéal pour un exposé sur les tendances. Il a eu droit à autre chose : un exposé sur ceux qui les paient.
Les tendances graphiques reviennent, comme les refrains
La démonstration tient en une diapositive, et elle pique. « L’art nouveau, on le voit revenir tous les 25 ans. » Memphis ? « On l’a vu en 80, en 2000, en 2020. » Le grain texturé qui envahit les affiches, « c’est Cassandre 1930 ». La typographie géante, « c’est le Bauhaus ». Et le dessin à la main brandi contre l’intelligence artificielle, « c’est aussi 1960 ».
Le style, autrement dit, est un refrain. Il revient, on le reconnaît, on le fredonne, et il repart. Ceux qui bâtissent une stratégie sur la couleur de l’année repeignent la façade tous les douze mois, sans toucher aux fondations.
« La vraie tendance 2026, ce n’est pas un style graphique », a posé Romain Galinier. Ce qui change, selon lui, c’est que la création elle-même devient accessible. Des outils, souvent dopés à l’IA, permettent à une équipe interne de produire ce qui exigeait hier un graphiste, un monteur et trois allers-retours. « C’est ça qui change tout, et qui ne reviendra pas en arrière. »
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L’agence à tout faire facture des heures, pas des résultats
Pour mesurer le changement, il faut regarder d’où l’on part. Le modèle d’hier, tel que l’intervenant l’a décrit, tient en quatre traits. Une agence pour tout : stratégie, création, production, déclinaison. Le récurrent et le structurel mélangés dans le même devis. Une facturation au jour-homme. Et un client qui dépend de son agence pour la moindre affiche.
Ce modèle a longtemps eu sa logique. Produire coûtait cher, demandait des compétences rares, des logiciels hors de prix. Mais quand la déclinaison d’un visuel prend dix minutes avec le bon gabarit, continuer à la facturer à la demi-journée devient difficile à défendre. Le client le sait, et il commence à le dire.
L’horizon fixé par Romain Galinier est 2028. « Ce n’est ni un style, ni un outil », a-t-il insisté. C’est « une recomposition de qui fait quoi, et de qui décide quoi ». La phrase vise les agences autant que leurs clients. Une agence qui explique à des communicants comment moins dépendre des agences : l’exercice avait de quoi surprendre une salle venue parler couleurs et typographies.
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Outiller le récurrent, garder l’agence pour le décisif
Le chemin proposé tient en un verbe double : outiller, puis intervenir. Séparer d’abord ce qui est récurrent de ce qui est structurel. Sur le récurrent, l’agence construit le système une fois pour toutes : l’architecture du média, le design system, les gabarits, les prompts d’IA. Le client devient autonome sur les tâches qui reviennent chaque semaine. Sur le structurel, l’agence reste là où elle fait la différence : le conseil, la stratégie, la signature, le dispositif, la production de fond et la direction artistique.
Pour une chargée de communication de mairie, le partage est concret. L’agenda culturel de la semaine, l’annonce d’un chantier, le rappel d’une collecte : elle n’a pas besoin d’une agence pour chaque publication. Elle a besoin d’un cadre qui garantit que la cinquantième affiche ressemble à la première. La campagne qui fera venir de nouveaux habitants, le film qui racontera le territoire, la refonte de l’identité : là, l’agence a toute sa place.
Côté client, l’intervenant a listé trois bénéfices simultanés. L’autonomie, sur les tâches récurrentes, « sans dépendre de l’agence ». La qualité, parce que « le système l’impose » : la cohérence ne tient plus à la vigilance de chacun. Et surtout le capital : « La marque devient un actif média qui se valorise dans le temps. Pas un coût qui se renouvelle. »
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Les décideurs de demain ne paieront plus du temps
Pourquoi maintenant ? Parce que les décideurs changent. Les directeurs de la communication qui ont aujourd’hui entre 35 et 45 ans décideront des budgets dans trois à cinq ans, et leur exigence est connue : « Ils ne veulent plus payer du temps. Ils veulent payer du résultat et de l’autonomie. »
Pour les agences, le virage est sérieux. Vendre une infrastructure et du conseil plutôt que des heures. Chercher la marge sur la valeur plutôt que sur les volumes. Sortir le créatif de la production où il se noie, pour le concentrer sur l’essentiel. Et accepter un client partenaire plutôt qu’un client dépendant. Ce n’est pas une menace pour le métier. C’est une chance de le faire enfin pour les bonnes raisons.
La matinée l’a montré sous d’autres angles. Aux côtés de Marion Avranche et de Kossa Camara, Jérôme Dauzats, directeur de l’office de tourisme Gascogne Lomagne, a parlé marketing territorial et attractivité. Le compte rendu publié par le Club en a tiré une conviction commune : si l’IA transforme les pratiques, « la valeur de la communication repose plus que jamais sur l’humain ».
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La question posée à la salle en fin d’intervention ne visait pas les agences. Elle visait ceux qui les paient. Savoir ce qu’ils sont prêts à faire eux-mêmes, et ce qu’ils refuseront, demain, de payer à l’heure.
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Quelles sont les tendances de la communication en 2026 ?
Les tendances graphiques (grain, typographie XXL, dessin à la main) reprennent des styles anciens. Le changement de fond tient à l’accès élargi à la création, porté par l’IA, qui redistribue les rôles entre agences et clients.
Comment l’IA change-t-elle le travail des agences de communication ?
Elle rend la production récurrente accessible aux équipes internes. L’agence construit le système (gabarits, design system, prompts) et se concentre sur la stratégie, la signature et la production de fond.






